Ce Québec que j'aime...
par Annie Cadinouche

                               
Au retour de l’Exposition Universelle  tenue à Montréal,  je  reçu d’une amie et hôtesse mauricienne à l’Expo, une copie de la revue canadienne “Chatelaine”…

J’étais alors rédactrice en chef d’une revue féminine mauricienne,  « Virginie »  et le «Châtelaine » de Francine Montpetit m’impressionna beaucoup : en 1975, au Québec comme à Maurice (et en France ), des femmes luttaient avec dignité pour retrouver des Droits nouveaux, elles s’engageaient, parlaient de participation et de parité et la bataille du français et de l’anglais, avait le même « accent » qu’a Maurice, à l’époque !...

Depuis mon Île , un peu perdue dans l’Océan Indien, je devins pendant des années,  l’abonnée la plus « lointaine » du journal, et c’est bien « Châtelaine » qui, sans le savoir, me donna l’envie de faire…le « saut » !

Par ma revue canadienne, j’avais découvert le « joual » , même si quelquefois, certains titres me semblaient plutôt hardis et me donnaient beaucoup à ..réfléchir : ainsi, un article intitulé : »N’ayez plus peur…des bibittes ! »

Je sus par la suite que les mêmes mots, au Québec, en France et à …Maurice, n’ont pas toujours …la même signification

Je partis faire un stage de journalisme à la revue , et je découvris, par cette occasion , d’abord, que Montréal «est » une Île (moi qui venait d’une autre Île !), puis très vite , j’ai aimé l’accueil plus que chaleureux des montréalais et du Québec : j’avais trouvé presque…une seconde patrie , tant et si bien, que ma famille ici me dit régulièrement et avec insistance  : « …Tu vas encore au Québec et à Montréal ?!...Il n’y a pas que le Québec et Montréal, au monde , va un peu ailleurs !... »

Aller ailleurs, quand on a aimé à ce point : difficile !... Et puis maintenant, en plus de la chaleur proverbiale qui m’attends là-bas, j’ai des amis, de vrais amis, une presque « famille » , et je ne sais plus trop bien, si c’est pour Montréal, ou pour passer quelques semaines avec eux et surtout  les « retrouver »… que je pars ?!!!!...

Un clin d’œil aussi, à mes amies religieuses de Laurier Est : elles furent les premières à m’accueillir à l’aéroport et à leur Foyer , avec une grande et égale  bonté : je ne comprenais pas tout ce qu’elles disaient quelquefois, ainsi certains jours : « Elle est ben belle, elle est ben bonne !... » ou : « Prenez donc un cabaret !.. »Je mis un certain temps pour réaliser que non, on ne m’encourageait pas a figurer dans une « Revue de cabaret » , mais plutôt, à me servir d’un «  plateau » , à notre…Cafétéria , au Foyer !...

Un matin, une des pensionnaires me demanda, étonnée, pourquoi j’avais ce matin-là, «  une figure aussi  maganée ?... »

Maganée ??...ca voulait dire, quoi ?...

J’eus l’explication ….: simplement, que m’étant couchée un peu tard (c’est peu dire..), mon visage semblait porter les marques d’une carrosserie, un tant soit peu …cabossée !...

Je parle aujourd’hui québécois avec grand bonheur : ainsi à la sortie d’un film à Montréal, je dis volontiers à l’unisson des amis, que c’était bien « plate » : maintenant d’ailleurs, c’est à Maurice que l’on ne me comprends…plus !..

Je vais volontiers  « prendre une marche » ,  j’essaie de ne pas trop « m’encabaner »(rester à la maison) , et quand j’apprécie, comme mes amis québécois, je dis que… « c’est pas pire »(c’est pas mal ! ), et  je tache surtout , surtout :  de ne pas « crisser » (dire des gros , gros mots mots …) y compris, aimer un mets…« en maudit » !...

Il faut savoir aussi, que l’on tutoie volontiers  dans le Québec ce qui, premier moment d’étonnement passé, est plutôt sympathique  !..

Alors, si vous le pouvez : faites un saut au Québec, surtout n’attendez pas !..Je souhaite très fort que ces photos qui sont pour moi  autant de coups de cœur pour ce pays que j’aime, vous donnent à vous aussi, l’envie de « partir » vite, et de « découvrir » la chaleur et la convivialité des québécois, leur gout de la fête et des chansons, des sorties aussi et  leur  sens de l’humour ….

Et puis , j’ai eu envie de vous faire découvrir un peu les « régions » (comme on les appelle dans la Province québécoise …) :  avec la beauté (inchangé) de la campagne, les petits chalets de bois tranquilles en bordure de lacs paisibles, les routes bordées de forets de sapins et les villages anciens, coquets et fleuris, tapis au fond d’une baie, et puis les chapelles et les petites églises bucoliques, aux toits rouges …

Je crois que plongé dans le Québec, vous oublierez pendant un moment, votre « quotidien »,vous serez …ailleurs, à cette terre d’Amérique du Nord  , si attachante  et si prenante…

Et quand vous aurez fait le grand « saut » ,  vous lirez sur toutes les plaques d’immatriculation des voitures , et ailleurs aussi , cette devise : « Souvenez-vous .. »

Alors, vous ferez peut-être , comme moi :  vous serez émue à en pleurer par cette fidélité  des québécois a leur histoire, une histoire qui fut aussi la notre !...

    Annie Cadinouche  

 

Si vous avez une connexion Internet haute vitesse cliquez ici

Si vous avez une connexion Internet non-ADSL cliquez ici

I Retour à la galerie d'Imagerie Créative I I

 

Les photographies et les textes de ce site, sont sous la protection de la loi Internationale et Canadienne des droits d'auteurs: © Annie Cadinouche. Les images peuvent être téléchargées pour des fins de visionnement seulement. Les photographies et les textes ne peuvent être reproduits ou republiés électroniquement ou par toute autre forme d'impression, sans la permission écrite de l'auteur. Philip Lim - webmestre d'imagerie créative.

 

Mes Aïeux

Dégénération / Le Reel Du Fossé

Ton arrière arrière grand-père, il a défriché la terre
Ton arrière grand-père, il a labouré la terre
Et pis ton grand-père a rentabilisé la terre
Et pis ton père, il l’a vendu pour devenir fonctionnaire

Et puis toé mon ptit gars, tu sais pu ce que tu vas faire
Dans ton ptit trois et demi ben trop cher frète en hiver
Il te vient des envies de devenir propriétaire
Et tu rêves la nuit d’avoir ton petit lopin de terre

Ton arrière arrière grand-mère, elle a eu 14 enfants
Ton arrière grand-mère en a eu quasiment autant
Et pis ta grand-mère en a eu trois c’était suffisant
Pis ta mère en voulait pas, toé t’étais un accident

Et puis toé ma ptite fille, tu changes de partenaires tout le temps
Quand tu fais des conneries, tu t’en sauves en avortant
Mais y’a des matins tu te réveilles en pleurant
Quand tu rêves la nuit d’une grande table entourée d’enfants

Ton arrière arrière grand-père a vécu la grosse misère
Ton arrière grand-père, il ramassait des cennes noires
Et pis ton grand-père, miracle est devenu millionnaire
Ton père en a hérité, il l’a tout mis dans ses réer

Et puis toé, ptite jeunesse, tu dois ton cul au ministère
Pas moyen d’avoir un prêt dans une institution bancaire
Pour calmer tes envies de hold-upé la caissière
Tu lis des livres qui parle de simplicité volontaire

Tes arrières arrières grands-parents, ils savaient comment fêter
Tes arrières grands-parents, ça swignait fort dans les veillées
Pis tes grands-parents ont connu l’époque yéyé
Tes parents, c’était des discos, c’est là qu’ils se sont rencontrés

Et puis toé, mon ami, qu’est-ce que tu fais de ta soirée
Éteins donc ta TV faut pas rester encabané
Heureusement que dans vie certaines choses refusent de changer
Enfile tes plus beaux habits car nous allons ce soir danser...